Histoires d'expat'

Les démarches administratives sont au coeur des préoccupations des expatriés aux Etats-Unis. Galères, astuces, pièges à éviter... ci-gisent nos expériences, et pourquoi pas un peu plus si vous choisissez de partager la vôtre: N'hésitez pas à nous contacter pour nous aider à rendre ces articles plus précis, plus riches et plus utiles!

La chasse aux cartes de crédit

publié le 10 mars 2013 à 16:20 par A L   [ mis à jour : 15 mars 2013 à 05:29 ]

Un bon père de famille français, lorsqu'il entend ces trois mots "carte de crédit", va se fendre d'une moue de méfiance voire de dégoût. La culture française associe facilement ce concept aux crédits à la consommation, pratique honnie du bon gestionnaire s'il en est.
Mais, lorsqu'on arrive aux US et qu'on se trouve confronté à l'obligation de souscrire à des cartes de crédit pour construire son credit score (voir cet autre article), on ravale son dégoût et on cherche au plus sécurisant.
Pour nous, le plus sécurisant était l'American Express, parce que c'est gros, connu en France, et puis parce que ça fait sérieux, aussi. Amex, c'est la carte des business men. En plus de ça, le "transfert" de notre historique passé pour contribuer à l’amélioration de notre credit score était un avantage certain.
Mais après 5 ans passés aux US, on nous a plusieurs fois indiqué que les cartes de crédit, ici, ça peut aussi permettre de faire des économies si l'on sait les gérer.
 
Des cartes de crédit, faire des économies? Mouarfffff.
 
Mais si c’était vrai?

Le principe d'une carte de crédit

Juste au cas où, histoire d’être sur la même longueur d'onde: "Credit Card" est à rapprocher d'un ensemble "carte à débit différé + agios". Je m'explique:
Une "debit card" va prélever immédiatement sur votre compte bancaire, et en cas de solde insuffisant, être rejetée. Comme une carte à débit instantané en France. Le problème de ces cartes est qu'elles ne contribuent pas à votre credit score. Une debit card est forcement associée à un compte bancaire du même établissement.
Une "credit card" va ajouter le montant de l'achat sur une facture que vous devrez payer tous les mois. Si vous ne payez pas, un taux d’intérêt (généralement entre 12% et 25% suivant les cartes et suivant votre credit score) va s'appliquer sur le montant non payé. Une credit card a une limite de paiement mensuel, qui va en général être d'autant plus élevée que votre credit score est bon. Ce type de carte contribue à votre credit score. Vous pouvez avoir une credit card sans avoir de compte bancaire associé dans le même établissement.
Une "charge card" telle que l'American Express verte, gold ou platinum, est une carte de crédit (facture a la fin du mois) sans plafond. Souvent plus chère car moins "contraignante". Elle contribue aussi à votre credit score.
 

Quelques caractéristiques proposées

La "annual fee"
C'est le prix de la carte. Beaucoup sont gratuites, alors ne sous-estimez pas ce facteur! La plupart des cartes payantes coûtent aux alentours de $100 par an, ça serait dommage de passer à coté d'une carte équivalente mais gratuite!

Les "fees"
Certaines opérations vont être sujettes à des charges spécifiques. Typiquement:
  • Foreign transaction fee: Charges pour les opérations réalisées à l’étranger
  • Cash advance fee: Les charges appliquées pour les retraits de liquide
  • Balance transfer fee: Les charges appliquées lorsque vous "payez" une carte de crédit avec une autre. En fait c'est considéré comme un transfert de dette.

Les "APR"
Caractéristique (mais pas valeur!) commune à toutes les cartes de crédit, ce sont les taux d’intérêts appliqués en cas de défaut de paiement. Ça veut dire que tant que vous payez à temps votre facture de carte de crédit, vous n'avez pas à vous inquiéter de ce taux. Par contre si vous êtes du genre dépensier(e) ET tête en l'air, vous voudrez sans doute vous intéresser de plus près à ce facteur: Les taux varient fortement, sont variables et en général élevés. Certaines cartes dites "Newcomers" (nouveaux arrivants) montent jusqu’à presque 30% de taux d’intérêts en cas de défaut de paiement!
  • Purchase APR: Le taux applique aux montants correspondant à des achats réalisés avec la carte
  • Balance Transfer APR: Le taux applique pour les montants correspondant au paiement d'une autre carte de crédit avec cette carte. En gros si vous payez la facture de votre Amex avec votre Chase, ce taux sera applique. Souvent égal au taux "Purchase APR"
  • Cash Advance APR: Le taux appliqué aux montants correspondant à des retraits d'argent réalisés avec la carte.
  • Overdraft Advance APR: "Overdraft" signifie "à découvert", c'est le taux appliqué lorsque vous dépassez votre limite de crédit.
 
Le "membership reward program"
C'est le nom qui regroupe un peu tout. Il faut toujours regarder plus loin que ces termes pour comprendre quels sont les bénéfices proposés. Souvent, il s'agit seulement d'une accumulation de points ouvrant droit à des "achats" (où vous dépensez vos points, pas des dollars) depuis un site dédié de l'organisme de crédit. Compter la plupart du temps 100 points pour un dollar de valeur sur ledit site, rarement très intéressant puisque les soldes ne s'y appliquent qu'au compte-goutte (oubliez le "Black Friday" sur le Membership Reward Program d'American Express...)
 
Le "cash back"
Littéralement, reversement en liquide. Plutôt que de vous donner accès à un site dédié à quelques produits partenaires, l'organisme de crédit vous propose de vous "rendre" un pourcentage de vos dépenses faites avec eux. Attention, vous ne pouvez pas aller au distributeur et récupérer des billets, ni même recevoir un chèque (peut-être à de très rares exceptions près) à déposer sur votre compte-épargne. En fait le principe est que vous pouvez appliquer ce remboursement sur votre prochaine facture de la carte, avec ou sans contraintes de charges éligibles (certains programmes de cashback ne s'appliquent qu'à certains types de dépenses, comme par exemple des dépenses de voyage). En gros si vous avez dépensé avec la carte $1000 à 5% de cashback, vous diminuez votre prochaine facture de la carte de $50.
 
Les "frequent flyer program"
Chaque dollar dépensé va alimenter un compte de "miles" sur un abonnement de voyageur, permettant d'obtenir des billets d'avion gratuits (hors taxes et frais d’aéroports  et des réductions dans des hôtels, des locations de voitures, etc). Pas forcement très intéressant dans la mesure ou les "miles" ne peuvent souvent s'appliquer que par "tranches" de plusieurs dizaines de milliers, et les vols partenaires du programme ne sont pas toujours les plus compétitifs. A notre avis à réserver aux voyageurs VRAIMENT fréquents. Pas notre profil d'un ou deux voyages par an.
 
Les "secured credit card"
Si vous avez un mauvais credit score, ou pas du tout de credit score, c'est sans doute votre meilleure voire seule option. Ces cartes reposent sur le principe d'un dépôt de sécurité correspondant à la limite de crédit de la carte. Si vous oubliez de payer une facture, ce dépôt sera utilisé et votre limite de crédit réduite, voire annulée.
 

Notre sélection

En premier lieu, un lien super: http://www.nerdwallet.com

Grâce à ce site, notre sélection est la suivante:
  • American Express Blue Cash Preferred: 6% de cashback pour nos dépenses de supermarché, 3% sur l'essence pour la voiture et 1% pour tout le reste. Le point génial sur cette carte est évidemment le taux très intéressant de cashback pour notre plus gros poste de dépenses. Mais l'astuce, c'est qu'on peut acheter des "gift cards" (des cartes prépayées) au supermarché  pour Amazon, iTunes, ou à peu près n'importe quoi... Du coup les 6% s'appliquent à bien plus que la bouffe du chat et les couches!
  • Capital One Venture Rewards: Pas de frais de transaction à l’étranger, rien que ça couvre une bonne partie du coût annuel de la carte. Ensuite cette carte propose l'un des programmes les plus intéressants pour qui voyage mais de manière modérée: Chaque dollar dépensé rapporte 2 points utilisables sans contrainte pour des dépenses de voyage. C'est donc l’équivalent de 2% cashback pourvu que le bénéfice soit applique sur des dépenses de voyage. En gros, si vous avez dépensé $1000 sur n'importe quel achat, vous avez $20 de réduction sur un achat relatif a un voyage (billet d'avion, hôtel, location de voiture,...). Donc si vous dépensez $25,000 avec cette carte, vous avez $500 de réduction. La plupart des programmes "voyageur" vous proposent 50,000 miles pour la même dépense, mais ces 50,000 miles DOIVENT être dépensés sous LEURS conditions, pas toujours les meilleures (voir plus haut)
  • Discover It and Chase Freedom: Deux cartes qui proposent 5% de cashback sur des types de dépenses particulières (voyage, essence, restaurants, grands magasins,...) changeant tous les trimestres (essence jusqu’à fin mars, puis restaurants jusqu’à fin juin, grands magasin à l'approche de Noël...). Elles nécessitent une gestion un peu plus active pour offrir un véritable intérêt, mais elles sont gratuites alors c'est tout bonus si on fait l'effort de cette gestion "active".
Au final, cette "configuration" nous donne: 6% de cashback sur nos courses "habituelles", 5% de cashback sur des dépenses particulières contraintes à un calendrier trimestriel, 3% sur l'essence (quand aucune des cartes à 5% ne l'applique à l'essence), 2% sur toutes les autres dépenses.
Notre consommation devient donc virtuellement plus rentable que la plupart des comptes-épargne! 

Evidemment le piège est de changer son profil de consommation (consommer plus pour "économiser" plus) mais pour qui sait se maîtriser, le potentiel est clairement intéressant: Notre estimation est que chaque année, cette "configuration" devrait nous permettre d’économiser entre $500 et $1000. Pas mal, non? 

On verra dans un an si cette estimation est juste!

Le bémol sur la multiplication des cartes de crédit

Les sources sont divergentes sur le risque pour le credit score d'avoir une ligne totale de crédit élevée. On recense notamment le cas du "Million Dollar Plan" qui prétend n'avoir aucun problème de credit score avec une telle limite.
En revanche il semblerait qu'il y ait un consensus sur la dépendance du credit score a l’ancienneté des comptes qui sont rapportés:
Plus l’ancienneté moyenne de vos comptes et cartes de crédit est basse, plus votre score est bas. Ça veut donc dire qu'ouvrir une carte de crédit va affecter votre credit score, mais aussi que fermer un vieux compte va l'affecter. A méditer avant de souscrire à une nouvelle carte si vous comptez prendre un mortgage (emprunt immobilier) peu de temps après!
De même, il semble conseillé de ne pas trop dépasser les 30% d'utilisation de la ligne de crédit d'une carte.

La retraite aux US

publié le 28 mai 2012 à 07:41 par A L   [ mis à jour : 28 mai 2012 à 12:36 ]

Il est une croyance assez repandue a propos des Etats-Unis, qui dit que le social n'existe pas ici. Que c'est chacun pour sa pomme, que si tu ne fais pas attention, tu creveras la gueule ouverte.

Dans une certaine mesure, c'est vrai. Mais il est un element dont j'ai appris recemment que c'etait faux: La croyance selon laquelle la retraite aux US reposerait uniquement sur l'epargne personnelle.

Quand on s'expatrie, une des premieres questions qui se pose, c'est: "Comment je fais pour ma retraite? Je continue a cotiser en France, ou je deviens un affreux capitaliste et je me construis une epargne personnelle?"

Personnellement, j'ai fait le deuil de 5 ans de retraite, et je suis parti en partant du principe qu'en rentrant, je travaillerais un peu plus longtemps pour completer mes annuites et obtenir ma retraite a taux plein, ou alors je racheterais mes trimestres au prix fort.

Alors, on se renseigne un peu, et on entend parler immanquablement de l'inenarrable 401(k). Mais ce n'est pas tout, loin de la.

Les plans "personnels"

Le 401(k)
Le plus connu, c'est un plan d'epargne le plus souvent sponsorise par l'employeur, il est gere par un fond de pension. Ce qui veut dire qu'il est assez semblable dans le principe a un investissement boursier personnel, a ceci pres qu'il est preleve avant taxes (deductible de l'impot sur le revenu, donc). 
Evidemment, lorsque vous "beneficiez" de votre 401(k) - ie lorsque vous touchez votre pension - c'est considere comme un revenu, et imposable a ce titre suivant le bareme de l'IRS. Si en plus vous choisissez d'utiliser les fonds de votre 401(k) avant 59 ans 1/2, une surtaxe de 10% sera appliquee.
Un element interessant et sur lequel il est preferable de se renseigner, est l'abondement de l'employeur: Pour chaque dollar verse sur un 401(k), l'employeur peut verser une somme inferieure ou egale, jusqu'a un certain montant maximum. Ce qui veut dire que votre epargne est augmentee par votre employeur. Ceci fait du 401(k) une option tres prisee des americains.
Malheureusement, cela reste un investissement boursier et est sujet aux fluctuations du marche: La crise de 2008 a considerablement affecte les pensions des americains, comme cela a ete abondamment souligne dans les medias.
Les contributions au 401(k) sont plafonnes a $16,500 par an

Le Individual Retirement Arrangement (IRA)
Non sponsorise par l'employeur, l'IRA est un moyen d'augmenter votre pension. Il fonctionne sur le meme principe que le 401(k), les prelevements se font avant taxes et permettent ainsi de reduire votre revenu imposable. Il est evidemment plafonne: $5,000/an avant 50 ans, $6,000/an apres 50 ans sur tous les comptes de type IRA
Un IRA "basique" souffrira aussi de l'imposition des lors que le beneficiaire en touchera les revenus ou le capital.

Le Roth IRA (du nom du senateur qui l'a propose)
Contrairement a l'IRA, les contributions sur ce compte devront se faire APRES taxes. Comme il s'agit d'un compte de type IRA, il est soumis a des limitations. En revanche les revenus et l'utilisation du capital d'un Roth IRA sont exemptes de taxes, ce qui en fait un investissement tres interessant.

Une methode pour optimiser votre IRA/Roth IRA est de progressivement transferer votre balance IRA sur votre balance Roth IRA, en restant dans les limites de la taxation minimum. Le circuit de contribution deviendra alors optimal puisque les benefices d'un Roth IRA sont exemptes de taxes.

La Social Security

Voila la partie la plus nouvelle pour moi: Les Etats-Unis disposent d'un systeme de retraite par repartition.

Sur la base de vos contributions, le gouvernement americain verse des pensions aux retraites. Sur votre fiche de paie, ces cotisations seront indiquees "FICA" (taux applicable 6.2% sauf 2011-12 a 4.2%, dans la limite de $110,000 environ pour 2012, plafond qui augmente chaque annee pour refleter l'inflation). 
En vrac, les regles sont les suivantes:
  • Vous etes eligibles a une pension federale a partir de 40 trimestres de cotisation. Ce qui fait donc 10 ans. Si vous etes sur le point de quitter les US apres 8 ans de cotisations, posez-vous la question s'il n'est pas interessant de rester encore 2 ans pour vous offrir l'option d'un petit revenu supplementaire pour vos vieux jours ;-)
  • La retraite peut etre touchee a partir de 62 ans, et chaque annee travaillee supplementaire produit une augmentation substantielle des pensions: Si vous partez en retraite a 62 ans, vous toucherez 70% de votre pension a taux plein. SI vous partez a 65 ans, vous toucherez 86.7% de votre retraite a taux plein.
  • L'epoux touche egalement une retraite, sur la base de 50% de la pension du conjoint, que celui/celle-ci soit ou non encore en vie. Ca veut dire que si les deux epoux attendent 67 ans, ils touchent 150% de la retraite du cotisant. (je cherche des elements clarifiant si les retraites pour un couple de deux cotisants sont cumulatives mais pour l'instant rien n'indique le contraire)
  • Le montant mensuel de la pension federale ne peut exceder $2500/mois environ, a moins de continuer a travailler apres 67 ans (8% d'augmentation par annee supplementaire environ)
  • Estimez vos benefitshttp://www.socialsecurity.gov/cgi-bin/benefit6.cgi
  • Bon, ils annoncent quand meme la couleur: A partir de 2033, le gouvernement estime que les pensions versee ne pourront etre que de 75c pour $1 de ce qu'elles sont aujourd'hui. Des reformes pourraient bien voir le jour, notamment sur le relevement du plafond de contribution.
Note: L'autre "partie" prinicpale de l'impot pour la Social Security est Medicare: L'assurance maladie/dependance federale pour les personnes agees et/ou invalides. Egale a 1.45% sans plafonnement de cotisation. L'employeur paie exactement le meme montant que l'employe, faisant de la contribution globale pour la Social Security 15.3% du super-brut de chaque employe, ou du revenu super-brut pour les professions liberales. 

Les autres plans

Bien que le 401(k) et l'IRA soient clairement plebiscites, il existe d'autres plan d'epargne pour vos vieux jours, n'hesitez pas a eplucher le site de l'IRS a ce propos

Combien pour vivre à Pretty Much New York?

publié le 12 mars 2012 à 06:01 par A L   [ mis à jour le·27 avr. 2012 à 11:10 par K A ]



Vous n'y avez sans doute pas échappé, récemment une vague de montages photos a fait fureur sur les réseaux sociaux: Les "What machin thinks I do".

Et évidemment, nous avons trouvé celui à propos des français expatriés aux US très pertinent (même si comme toutes les modes, c'est trop mainstream, ça pue c'est nul, on préfère les trucs underground).

Celle qui nous a le plus frappés, c'est le "What the French government thinks I do" ("Ce que le gouvernement français pense que je fais"): en effet, et surtout en cette période électorale riche en déclarations populistes, on entend régulièrement revenir le "sujet" des expatriés, ces "riches privilégiés", qui fuient le fardeau fiscal français pour aller faire fortune dans des pays qui se contrefoutent de leurs pauvres.

Mais alors, est-ce que nous baignons vraiment dans les billets verts? Est-ce que nous achetons une Rolex tous les mois? Est-ce que nous passons nos vies dans des clubs branchés, arrosant des escorts à grands coups de magnum de Veuve Cliquot?

A moins d'être trader à succès dans un hedge fund, la réponse est non, ne rêvez pas. Faisons un petit tour d'horizon des frais de vie d'une famille d'expatriés à Jersey City, par exemple.
Ne vous excitez pas, je ne vous dévoilerai pas mon salaire indécent - et encore moins les bonus dignes d'un remerciement de Jean-Marie Messier - dans ce qui suit.

Pour une famille de 3 personnes donc.
  • Le logement: environ $2000/mois pour un logement downtown Jersey City (PAS dans un immeuble dit "luxury" ou "high rise" avec gym, sauna et salle de cinéma inclus).
    (Nous avons aussi testé $1600/mois pour un grand duplex dans les Heights, quartier populaire latino)
  • L'éducation d'un schtroumpf: environ $1000/mois pour une école privée. Oui, vous avez bien lu, c'est presque le prix d'une première année d'HEC. Il y a malheureusement très peu de bonnes écoles publiques à Jersey City, mais à logement équivalent le loyer est augmenté de $1000/mois pour se trouver dans un des "bons" quartiers correspondants (principe de la carte scolaire). Alors autant avoir le choix à notre avis.
  • La bouffe: environ $500 par mois (plus ou moins selon les envie de pinard et de produits exotiques type foie gras ou saucisson).
  • La voiture: environ $200 par mois pour l'assurance et le carburant dans le cadre d'une utilisation loisirs uniquement.
  • L'énergie: en moyenne sur l'année $150/mois pour gaz+électricité.
  • Le téléphone mobile: $70/mois par ligne pour un abonnement tout compris, il existe des solutions moitié moins chères mais nous ne les avons pas explorées, nous sommes fainéants (notamment chez Virgin Mobile).
  • Internet: hors de prix comparé à la France, comptez environ $100/mois pour une offre triple play.
  • Les visites à la famille: ouch, comptez $2000 pour les billets d'avion parce que forcément, vous rentrez en France au moment des vacances pour voir les petits neveux, rajoutez $500 de transport pour aller visiter les deux familles qui forcément n'habitent pas juste l'une à côté de l'autre, puis les faux-frais divers et variés (café à l'aéroport, sandwichs à la gare, etc) disons encore $100. Allez on arrondit vers le bas, réparti sur l'année ça vous fait un équivalent de $200 par mois pour aller voir votre famille.
Faites le total: frais fixes de $4300/mois. Ajoutez les fringues, les loisirs, l'ameublement si vous n'êtes pas venus avec un container, les extras (surtout dans ce pays où la tentation est constante) et vous obtenez une situation où à moins de $75,000 de revenu brut annuel pour le foyer, vous aurez du mal à joindre les deux bouts dans ce scénario.

Soyons clairs, rien ne vous oblige à prendre une voiture, à habiter dans un quartier sympa et à prendre une école privée pour vos rejetons. Mais il ne faut pas que votre expatriation se transforme en lutte pour la survie, en galère d'éducation des enfants, et vous aurez sans doute envie de visiter le pays, ce qui évidemment a un coût également.

Tout à fait honnêtement, pour pouvoir vraiment en profiter je pense que $90,000/an est un bon seuil. Au-dela vous devez normalement arriver à en profiter ET commencer à faire des économies.

Evidemment, si vous allez voir ce lien qui propose des statistiques sur Jersey City (au demeurant très intéressant, ce site city-data.com), vous verrez que le revenu médian à Jersey City était de moins de $60,000/an en 2009. Donc ça doit pas être beaucoup plus maintenant. Alors $90,000, vraiment? 
Oui, vraiment. Jersey City est une ville populaire, avec un nombre important de foyers très modestes à pauvres. Et je le répète, le but de l'expatriation n'est pas de nager dans les galères financières.

Pour savoir quel sera le montant de votre chèque de paie en fonction de votre brut, allez voir ce site: http://www.paycheckcity.com
N'oubliez pas que le montant de votre assurance santé doit également être déduit, puisqu'il dépend de votre employeur. La retraite, également, n'est pas inclue dans le calcul de paycheckcity.


Acheter une voiture quand on arrive?

publié le 10 mars 2012 à 16:13 par A L   [ mis à jour : 1 déc. 2012 à 15:47 ]

L'expérience

Quelques mois après notre arrivée, nous décidons d'acheter une voiture. Après quelques recherches, notre choix se porte sur une voiture d'occasion.
Direction la New Jersey State Auto Auction, un concessionnaire d'occasion au parc impressionnant, qui est à Jersey City.

Quelques tours d'enclos plus tard, je ravale ma bave malencontreusement échappée au détour d'une Mustang coupé 68 considérée comme inappropriée pour nos objectifs de vie familiale, et mon attention se porte sur une petite Jaguar X-type d'un joli gris, toute mignonne (les puristes crieront au scandale de nommer "Jaguar" ce rebut de la période Ford parce que "elle-a-le-même-châssis-qu-une-Mondeo-pouah") et proposée au prix tout à fait raisonnable de $13,500.

Ouais, comme à l'époque l'euro était à environ $1.50, ça faisait 9000 euros la Jag' (qui affichait 70,000 miles/130,000km, distance non négligeable mais tout à fait raisonnable pour une voiture moderne)
En comptant les papiers et une garantie basique sur le moteur/train, ça me faisait la Jag' à $15,000. Ma première caisse, une Jag'. Le rêve américain commençait.

Disposant d'une réserve de cash de $10,000, je dis au vendeur à l'accent Géorgien prononcé (de Géorgie, le pays d'Europe de l'Est) de me garder la caisse au chaud, et me voilà frappant à la porte de ma banque pour obtenir un mini-prêt de $5000 remboursable sur 6 mois (notre loyer était alors tout à fait bas et me permettait cette largesse, la question du logement sera abordée dans un autre article).

- Le banquier: Non, ça va pas être possible (!!!)
- Moi: Mais euh vous voyez bien mon salaire, vous voyez bien que je peux rembourser, quoi.
- Le banquier: Oui, mais vous n'avez pas de Credit Score, je ne peux pas vous accorder de prêt.
- Moi: Et merde...

Foutu Credit History. Enfin, absence de Credit History, plutôt (pour plus d'infos et de lamentations sur ce pilier de la vie bancaire américaine, voyez ici).

Je retourne donc chez mon Géorgien, et lui annonce la mauvaise nouvelle.

- Le dealer: Ah mais on a des solutions de financement, y'a pas de problème!
- Moi (l'oeil brillant d'une lueur d'espoir): Ah, c'est quoi vos solutions de financement, ô gros monsieur intéressant?
- Le dealer: Alors on vous fait un taux de 21%, prix d'ami.
- Moi (j'ai bien compris "twenty-one percent?"): 21%?
- Le dealer: Oui, pas de problème.
- Moi (me retenant de lui dire que même la mafia me ferait pas un taux pareil, parce que peut-être que la mafia géorgienne...): Ah ben sinon j'ai vu la Dodge, là, à $8000...

Et nous voilà avec une caisse achetée $10,000 tout compris, sans jamais un probleme, vaillante et moche comme il faut. La réalité américaine.

Mais laissons là l'égocentrisme, et passons aux trucs utiles

Les options

Acheter en "leasing"
Un leasing, c'est quand vous achetez une voiture neuve et la payez un peu tous les mois. En général on vous demandera un "down payment", une avance en cash, avant de commencer à payer vos mensualités.
Evidemment le leasing présente un coût supérieur à l'achat cash.
  • Audi Q7 au comptant: $46,250
  • Audi Q7 en leasing: $634/mois pendant 4 ans, paiement residuel $20,000 = $50,400
Par ailleurs, il faut savoir que les contrats de leasing incluent souvent une clause sur l'assurance, clause requérant la couverture "comprehensive and collision" (en gros, tout risque). Gros gros coût, compter plusieurs centaines de dollars par mois (entre $300 et $400 si vous venez d'avoir votre permis américain, car votre ancienneté en France ou ailleurs dans le monde ne sera pas prise en compte ici).

Acheter d'occasion
Rien à dire sur l'achat, ça dépend de vos moyens et de vos options de financement disponibles.

Attention toujours à l'assurance pour éviter les mauvaises surprises. Notre recommandation: quand vous avez trouvé votre voiture d'occasion, AVANT de l'acheter, contactez les ("les" comme plusieurs, n'hésitez pas à faire jouer la concurrence) assurances pour savoir quel serait votre prime. Ca évitera les mauvaises surprises.

Avant d'acheter d'occasion, toujours verifier le "Carfax", sorte de carnet de sante de la voiture. Demandez-le au vendeur. Si celui-ci ne l'a pas, demandez le "VIN" (Vehicule Identification Number) et rendez-vous sur http://www.carfax.com. Il vous en coutera quelques deniers mais ca evitera les mauvaises surprises, comme une voiture ayant ete impliquee dans un accident significatif, dont la carrosserie aurait ete refaite mais le chassis affaibli.

Notez que l'achat implique des frais des stationnement: dans Jersey City, le permis annuel de street parking est à quelques dizaines de dollars mais est accompagné d'une contrainte assez pénible: tous les deux jours la nettoyeuse passe alternativement d'un côté et de l'autre de la rue. Stationnement interdit aux heures de passages sur le côté en question, sous peine d'une amende de l'ordre de $50. Ouch.
Sinon vous avez évidemment l'option du parking si votre résidence ne dispose pas d'un driveway ou d'un garage. Un tarif acceptable pour une place de parking réservée à Jersey City semble être aux alentours de $150 par mois.

Ce qu'il faut retenir pour acheter sereinement

  • Le piège le plus courant est l'assurance. Renseignez-vous avant tout achat sur d'éventuelles conditions. Pour être honnête, nous avons toujours été assurés au tiers "seulement", parce que le coût d'une assurance tout-risque avec des niveaux de franchise acceptables nous amenait à re-payer la voiture en 3 ans.
    On touche du bois, pour l'instant on a économisé l'équivalent de la moitié de la valeur de la caisse en ne prenant pas de "comprehensive & collision". Et puis les Américains ne conduisent pas si mal que ça, il suffit d'être attentif notamment aux dépassements par la droite.
  • Ne pensez pas que le street parking est une super option. Nous, ça nous a gavés vite fait de devoir changer la voiture de côté de la rue tous les deux jours. Comme il y avait à peu près autant de places disponibles que de voitures à caser, ça tournait vite au jeu des chaises musicales. Réfléchissez bien afin de ne pas vous "imposer" un coût supplémentaire imprévu de plus de $100/mois lorsque vous aurez accumulé les amendes. Si le street parking reste malgré tout votre meilleure option, renseignez-vous sur la situation dans votre quartier. D'expérience: inenvisageable à Newport et Paulus Hook ; acceptable downtown Jersey City (quartier de Grove Street) et dans les Heights.
  • Franchement pour une première caisse aux US, je recommande l'occasion. Il y a des tonnes de très bons plans, et le leasing est simplement du vol organisé à mon avis.
  • N'achetez pas avant que TOUS les conducteurs de votre foyer aient leur permis américain. Les assurances surchargent de manière significative pour les permis étrangers. Idéalement, essayez d'attendre d'avoir 6 mois d'ancienneté de permis (même sans conduire) avant d'acheter. Votre prime d'assurance s'en ressentira FORTEMENT.
  • Pour l'occasion, obtenez le Carfax.
  • Assurez-vous d'avoir un GPS, sinon vous allez mourir.

Options de non-achat

Si acheter vous décourage, sachez que beaucoup de gens vivent très bien avec l'une des solutions ci-dessous:

Zipcar
Assez développé dans la zone New York / New Jersey, c'est probablement une bonne option pour les conducteurs occasionnels.

Location
Compter dans les $60-$70 par jour pour une voiture simple (essence non comprise).
Si vous êtes des utilisateurs très occasionnels de la voiture, c'est une excellente solution, bien moins coûteuse que l'achat.
Evidemment, vous dépendez des emplacements de location, tous pris d'assaut par les New Yorkers le week-end, parce que eux ils ne peuvent pas payer la NYC resident tax ET le parking. Ha!


Souvenirs, souvenirs...

publié le 25 janv. 2012 à 18:33 par A L   [ mis à jour le·27 avr. 2012 à 11:12 par K A ]

Tiens, j'ai retrouvé un petit flowchart réalisé peu après notre arrivée aux Etats-Unis.

Et vu comme on avait galéré à l'époque, ça serait dommage de ne pas le dépoussiérer, m'est avis.




Parcours de santé

publié le 25 janv. 2012 à 06:32 par A L   [ mis à jour le·27 janv. 2012 à 14:53 par K A ]

Notre première expérience du système de santé américain fut plutôt positive, si l'on fait abstraction du contexte.
Jugez plutôt:
 
Doud' né très grand prématuré, plusieurs mois en néonatologie s'annonçaient dès sa naissance.
Coup de fil anxieux le jour de l'entrée à l'hôpital pour confirmer la couverture, service "Assurés" rassurant façon "votre franchise c'est $300 et c'est tout, vous n'avez rien d'autre à faire. Même si vous recevez une facture vous l'ignorez, on s'occupe de tout".
 
Et de fait: une franchise de $300 plus loin, aucun papier/feuille de soin/remboursement à gérer sur l'intégralité du séjour.
Une sorte de perfection administrative, où l'hôpital gère directement avec l'assurance, et où l'assurance fait son travail sans faute.
 
Pour nous, c'était une preuve que décidément, à part le credit history les choses sont quand même plutôt simples aux US.
 
Mais.
 
Quelques années ont passé, et nous voilà confrontés à une nouvelle procédure significative pour le Doud': opération des amygdales/végétations, sous anesthésie générale et avec séjour d'observation de 24h, donc pas un truc anodin.
 
L'opération présente ici une première variante que nous n'avions jamais rencontrée: la procédure "in-patient".

Glossaire:
  • In-patient = Le patient reste au moins une nuit en observation à l'hôpital après la procédure. Plus cher.
  • Out-patient = l'équivalent de l'ambulatoire français. Le patient arrive pour la procédure, se fait charcuter, et repart le jour-même.

Conventions et bidouilles

Or donc l'ORL du Doud' nous envoit prendre rendez-vous à l'hôpital HHH avec lequel il est sous contrat.
Les instructions sont: "on peut attendre quelques semaines, mais pas quelques mois étant donnée la sévérité des apnées".
 
OK.
 
Et là, problème: l’hôpital n'est pas conventionné avec notre assurance, un truc IMPENSABLE. Enfin je veux dire en 4 ans, nous n'avions jamais été confrontés à ce cas de figure. Un truc nouveau, donc.
On ne se démonte pas, et à tout hasard je contacte l'assurance pour vérifier ma couverture en cas de procédure "out-of-network", donc dans un établissement non conventionné. $600 de franchise + 30% de co-assurance (plafonné à $2.500) = $3.100 de notre poche. Ouch.
 
Retour chez l'ORL: "Ah ben non ca va pas être possible HHH, parce qu'ils ne prennent pas notre assurance".
Réponse: "Oui mais alors attendez, on peut s'arranger avec eux pour qu'au final ça ne vous coûte rien, Monsieur, même en n'étant pas conventionné".
Nous: "Mais comment que cela c'est possible ça, Monsieur???"
Toubib: "Ben en fait il se trouve qu'en étant non-conventionné, l'hôpital touche plus avec les 70% payés par l'assurance qu'avec 100% de tarif négocié (une sorte de forfait) s'ils étaient conventionnés, donc ils proposent de n'émettre aucune facture pour le patient si vous les choisissez".
Nous: "Gné? C'est légal votre truc?"
Toubib: "Oui oui oui, bon par contre c'est pas possible d'avoir un engagement par écrit, mais c'est pas la première fois qu'ils le font".
Nous: "Pas d'engagement par écrit? T'as raison, tiens. Et s'ils décident d'arrondir leurs fins de bilan, on a zéro recours!"
Toubib: "Sinon je peux vous orienter vers l'hôpital PPP avec lequel je suis en instance de contrat."
Nous: "Ah ben c'est bien, ça. En plus on connait PPP, il est plutôt bon."
Toubib: "Par contre il faudra attendre que mon contrat (ndlr: il est en train de se faire conventionner avec cet autre hôpital) se finalise avec eux pour prendre le rendez-vous".
Nous: "Ca va chercher dans les combien de temps, ça?"
Toubib: "Quelques semaines j'espère, mais ça peut durer quelques mois".
Nous: "Ah donc tu nous dis, Monsieur, qu'on peut pas attendre quelques mois pour le Doud', mais tu nous suggères une solution qui risque de nous faire attendre quelques mois, sans garantie qu'au final tu obtiennes ton contrat?"
Toubib: "C'est vous qui voyez".
 
C'est tout vu, oui. Bye-bye le toubib peu scrupuleux.

Traitement de faveur

Exit l'ORL d'HHH donc, je contacte l'assurance pour obtenir une liste d'ORL conventionnés et spécialisés en pédiatrie. Après une petite recherche, nous trouvons une perle rare: le directeur de l'unité ORL pédiatrie de l'Hôpital des Enfants du New Jersey - où est né le Doud' et dont nous sommes très satisfaits -, qui présente un CV épais comme une pampers du matin.
On contacte donc son cabinet, qui nous indique que le prochain rendez-vous disponible est en juillet.
"WHAT???
- Ah non pardon, vous avez une assurance privée, on a un créneau la semaine prochaine ça vous irait?
- ..."
 
Eh oui, vous avez bien lu: le simple fait d'avoir une assurance maladie privée a raccourci la liste d'attente de plusieurs mois. Magique! Enfin si vous avez une assurance privée, quoi...
 
Et voici donc l'heure de faire avancer les choses après quelques jours d'errance administrative.
Forte impression du Docteur Gros-CV, prise en main rapide et efficace, rendez-vous est pris pour l'opération dans des délais relativement brefs (moins de 3 semaines!)

Bon alors comment il va le client? Euh, pardon le patient?

Mais au hasard de notre entrevue avec le Docteur Gros-CV, quelques révélations troublantes furent dévoilées.
 
Soyons francs, le toubib d'HHH nous avait fait une impression plutôt médiocre: passé l'examen initial ayant abouti à la prescription d'une étude du sommeil, il nous avait fallu rappeler 6 semaines après cette dernière pour en obtenir les résultats, alors que le Centre du Sommeil m'avait indiqué qu'ils seraient disponibles sous deux semaines.
Puis le coup de l'hôpital aux pratiques administratives douteuses.
Puis la proposition d'attendre pour qu'il puisse quand même s'occuper de notre porte-monnaie fils.
 
Mais lorsque nous expliquâmes à Docteur Gros-CV le parcours du combattant pour parvenir jusqu'à lui, il sembla horrifié: "HHH?? Qui veut faire opérer ses enfants là-bas?? Ils n'ont même pas d'unité pédiatrique! Ah, il vous a aussi proposé PPP? Pas mieux! Ils n'ont même pas d'anesthésiste pédiatrique!"
 
C'était à présent clair comme de l'eau de roche: le toubib d'HHH était plus préoccupé par son business mis en danger par la récente banqueroute et le rachat de son hôpital de rattachement (expliquant le "dé-conventionnement" récent avec les assurances) que par la qualité des soins qu'il proposait, et ce sont les galères de paperasse qui nous ont finalement aiguillés vers des soins appropriés...
 
Comme quoi les voies de l'administration divine sont impénétrables.

Leçons apprises

  • Commencez par chercher un toubib conventionné (ainsi que son/ses hôpital(ux)) via votre assurance avant d'engager des démarches. Le bouche-à-oreille c'est bien tant que ça se limite au dentiste.
  • Faites des recherches sur le web pour vous informer un peu sur le toubib avant de le choisir.
  • Si votre enfant doit subir une procédure, demandez si l'établissement où elle se déroulera dispose d'experts en pédiatrie (notamment l'anesthésiste, sic). Apparemment ce n'est pas naturel/évident/impensable-autrement. Docteur Gros-CV pousse même jusqu'à dire que lorsqu'il s'agit d'une opération avec séjour prolongé pour un enfant, il faut mieux viser tout de suite un Hôpital des Enfants.
 
Au final les choses s'annoncent bien puisque nous avons un expert renommé pour s'occuper du Doud' qui sera opéré dans un hôpital pour enfants que nous connaissons et qui le connaît. Mais quand même, une expérience enrichissante et retrospectivement un peu inquiétante que ce petit parcours du combattant.

It's tax season!

publié le 24 janv. 2012 à 06:00 par A L   [ mis à jour : 15 mars 2013 à 05:37 ]


W-2, formulaire 1040 et 1040NR, EZ or not EZ, formulaire 90-22.1.... Non, l'expatriation ne sauve pas des affres de la déclaration de revenus.

Sauf que.

Ici, dans l'immense majorité des cas, c'est pour récupérer du pognon. Du coup ça motive beaucoup plus.

DISCLAIMER: Ce qui suit concerne à tout le moins les expatriés en contrat LOCAL. Aucune garantie de fiabilité pour les détachés, contrats d'expat' et autres nantis ;-)


Le prélèvement à la source, c'est bien.

Alors que la France pratique la levée de l'impôt a posteriori (à moins que vous ne soyiez une personne douée d'un sens pratique basique ou supérieur non contrecarré par une fainéantise patente, vous ayant amené à opter pour le prélèvement mensuel) qui entretient ce ressentiment trisannuel à l'égard de l'administration fiscale, les Etats-Unis ont opté pour le prélèvement direct à la source.

Et c'est vachement mieux, à beaucoup de points de vue:
  • Vous n'avez pas à sabrer le compte épargne du petit épargner pour vos trois ablations annuelles,
  • Le gouvernement obtient un flot régulier de revenus de l'impôt pour payer la clim' des Marines en Afghanistan,
  • Le paiement de l'impôt est bien moins douloureux, puisque vous êtes simplement habitué à recevoir un chèque de paie dont la totalité est vraiment pour votre poche, vous ne ressentez même pas la rage du prélèvement automatique,
  • La fraude est moins facile et moins répandue (ma théorie est qu'il est plus facile "d'omettre" de déclarer certains revenus que de surévaluer ses déductions, une action pouvant être défendue comme un oubli, l'autre ayant du mal à passer pour autre chose qu'une fraude, mais c'est une analyse de comptoir).
Bref, au final l'IRS (Internal Revenue Service, le FISC) estime qu'il récupère au final environ 99% de ce qu'il devrait récupérer si tous les taxpayers étaient honnêtes.

Le refund (remboursement), c'est magique.

Mais là où c'est vraiment bien, c'est qu'en fait une fois par an, sauf conditions vraiment particulières, vous allez RECUPERER des sous. HA!

En effet le prélèvement à la source se fait sur la base du formulaire W-4 que vous allez remplir avec votre employeur. Dans ce formulaire vous déclarez votre situation maritale, et vos déductions de base (allowances), typiquement les enfants à charge. Ce formulaire va déterminer le taux d'imposition qui sera retenu sur chacune de vos fiches de paie.

Mais...

Il ne tient pas compte des déductions particulières, telles que les frais professionels, les frais médicaux, les intérets d'emprunt, etc., etc. Tadaaaamm. Vous êtes donc quasiment assuré d'être en fin de compte plus ou moins surtaxé pendant l'année et donc remplir votre déclaration (1040 ou équivalent) devient une opération qui vous retournera de l'argent, le refund donc.

C'est donc pourquoi l'époque de la déclaration de revenus, en janvier, est un moment plutôt apprécié des américains, qui se lancent alors dans la course au gros refund qui tache.

La règle de base d'un refund réussi

Prendre un CPA (Certified Public Accountant, un conseiller fiscal), si possible rompu aux cas des expatriés. En effet selon votre situation (date d'arrivée sur le territoire, situation maritale, possession de biens/investissements en France), le jeu n'est pas forcément aussi simple qu'il en a l'air, et il peut se traduire par un manque à récupérer significatif.

Oui, beaucoup d'expatriés vont la jouer "Ouais mais attends tu fais comme tous les vrais américains, tu vas sur TurboTax c'est super facile, c'est l'efficacité américaine quoi tu vois" avec un petit accent condescendant genre "attends mon pauvre si t'arrives pas à remplir ton 1040 mais qu'est-ce que tu fous-là, quoi...". Peut-être qu'il se lancera même dans une grande démonstration de comment H&R c'est des voleurs alors que TurboTax ça coûte rien.

Sauf qu'en fait il y a toutes les chances pour que ledit condescendant qui soumet sont 1040 sur TurboTax perde grave des thunes. Et quand je dis grave, je parle d'un potentiel voyage dans les Caraïbes. Pendant 10 jours, en pension complète. Eh ouais. Et en plus le 1040 n'est peut-être pas le bon formulaire à remplir pour vous, voir plus bas.

Donc, un CPA. Il va vous coûter une facture à 3 chiffres, mais vous en rapportera une augmentation de refund à 4 chiffres d'après les témoignages que j'ai eus et mon experience personnelle.

Si vous avez besoin d'une recommendation, jusqu'à present Wasserman & Wise (demandez Wayne, pas Jerry qui semble etre bien moins satisfaisant) ont satisfait la plupart de ceux que nous savons avoir eu recours à leurs services, voir le lien à gauche dans la barre latérale. Dites-leur que vous venez d'ici, peut-être qu'il me raseront gratis. Ou peut-être pas.

Les petits trucs intéressants à savoir

Si vous décidez de ne pas prendre un CPA, de faire le warrior, de faire un cadeau à l'IRS, de climatiser un peu plus le Capitole, alors voici quelques tuyaux qui j'espère pourront vous aider:
  • Un "non-resident alien" n'est pas la même chose du point de vue de l'IRS et du point de vue de l'Immigration. Votre visa de travail fait de vous un "non-resident alien" aux yeux de l'immigration. Mais aux yeux de l'IRS, un non-resident alien est une personne qui ne remplit pas les critères définis par le "Substential Presence Test". Ainsi si vous êtes arrivés après juin aux US, il y a toutes les chances que vous soyiez un NRA et vous devez alors remplir le formulaire 1040NR. Si vous êtes arrivés en début d'année, et n'avez pas déjà passé 3 mois en vacances en France, il est fort probable que vous soyiez considéré comme un Resident Taxpayer et alors go 1040. Pas si évident, si vous êtes à la limite il faut VRAIMENT compter les jours.
  • Les dépenses de moins de $20 (déjeuner professionel, pressing, etc) ne nécessitent pas de reçu, même en cas d'audit. Je cherche encore la ligne exacte qui dit ça sur le site de l'IRS mais c'est une info a priori très fiable. Je l'ai apprise cette année et confirmerai avec mon pote Wayne de chez W&W.
  • Si vous "omettez" de déclarer vos avoirs financiers (compte en banque, compte d'investissement,...) qui présentent un solde de plus de $10,000 dans l'année passée (via le formulaire 90-22.1) et que l'IRS vous chope, ils peuvent vous en prendre la moitié du plus haut solde de l'année passée. Comme ca pouf.
  • La "standard deduction", suivant votre situation fiscale, est en général intéressante mais pas forcément optimale: n'hésitez pas à tenter l'aventure de la déclaration détaillée, ça peut vous payer des vacances.
  • Lorsque vous voyagez a l’étranger et que vous pouvez justifier que tout ou partie de vos frais sont imputables à votre emploi (si comme moi vous travaillez quelques jours au bureau français de votre employeur quand vous partez en vacances en France), alors pensez bien à déduire tout ou partie de vos frais de votre revenu imposable (si ça n'a pas été rembourse par votre employeur).
  • Un CPA, c'est mieux.

2011 tax brackets, pour donner une idée

Parfois, une idée reçue circule comme quoi les impôts aux US, c'est 'achement faible. Ben en fait pas tellement...

 Tranchesd'imposition 2011Déclaration individuelle Marié, déclaration communeResponsable de foyer
 10%$0 – $8,500$0 – $17,000$0 – $12,150
 20%$8,500 – $34,500$17,000 – $69,000$12,150 – $46,250
 25%$34,500 – $83,600$69,000 – $139,350$46,250 – $119,400
 28%$83,600 – $174,400$139,350 – $212,300$119,400 – $193,350
 33%$174,400 – $379,150$212,300 – $379,150$193,350 – $379,150
 35%$379,150+$379,150+$379,150+ 

Par comparaison, en France le taux maximum de l'IR est a 41% et, surtout, les tranches basses sont plus imposées aux US...


Encore une fois cet article ne demande qu'à s'étoffer, qu'à être corrigé et enrichi, grâce à tout commentaire ou témoignage. Contactez-nous!

Le permis de conduire

publié le 6 déc. 2011 à 18:24 par A L   [ mis à jour le·24 janv. 2012 à 05:58 par K A ]

 

Pourquoi un permis américain?

  • Le permis français n'est pas un permis international
  • Le gouvernement américain n'authorise pas la conduite sur son territoire sans permis international, même pour une durée limitée
  • Vous pouvez a priori vous passer de permis américain si vous avez un permis international, le gouvernement n'indique aucune limite de temps
Passés ces quelques faits regrettablement factuels, passons aux véritables raisons qui font du permis americain un must have pour tout expatrié digne de ce nom:
  • Vous ne passerez plus pour un con de touriste à l'entrée des bars/clubs, vous aurez l'air américain, YEAH.
  • Votre assurance auto ne vous coûtera plus un bras après quelques mois d'ancienneté de permis, la main sera suffisante.
  • Si vous vous faites arrêter par le Sheriff de Deposit, charmante bourgade de scieurs de bois du nord de l'état de New York, il vous laissera peut-être repartir. Peut-être.
  • Vous ne galèrerez plus à chaque fois que la caissière de ShopRite fait du zèle et décide de vérifier que votre carte de crédit est bien à vous.
Pour faire simple: Vous passerez inapercu, et c'est souvent préférable.

Banalités d'usage

Permettez-moi d'introduire le code par deux expériences personnelles que je mettrai en parallèle:
 
En France:
Ah ouais nan mais la je peux pas doubler, on est presque en haut d'une côte avec zéro visibilité, donc je prends mon mal en patience derrière le tracteur et je prends la réponse B [Je ne dépasse pas]
*Clic*
Je dépasse: La signalisation au sol, faite de pointillés rapprochés, m'indique que je suis autorisé à dépasser des véhicules lents si la visibilité le permet.
*Snif*

A Jersey City:
I have stopped at a red light. A road sign indicates "No turn on red". Can I make a right turn while the light is red?
*Appuie sur NO*
This is CORRECT! When a road sign reads "No turn on red", I am NOT allowed to make a turn while the light is red.
*Sourire vainqueur*
 
Le permis américain, dans le New Jersey, c'est facile. Enfin presque.
Il faudra bachoter parce que vous aurez beau avoir 30 ans au moment de passer l'examen théorique, on vous demandera quand même:
I am 17 1/2 years old, I have a Provisional Driver Licence and I have practiced 6 months of unsupervised driving. What is my maximum authorized BAC? 0.01, 0.05, 0.08 or 0.15?
[J'ai 17 ans 1/2, j'ai un permis provisoire et 6 mois de conduite sans supervision. Quel est mon taux d'alcoolémie maximum autorisé? 0.01, 0.05, 0.08 or 0.15?]
 
Eh ouais. Non seulement une question à la complexite (apparente) complètement démesurée par rapport au "No turn on red" mais en plus vous aussi vous vous demanderez "Mais qu'est-ce que je m'en cogne moi, des mioches qui picolent trop tôt???", vous maudissant de ne pas vous souvenir que en dessous de 21 ans c'est 0.01 et qu'au dessus c'est 0.08, quelle que soit votre expérience de conducteur.
 
Mais laissons-là les surprises de l'examen, pour rentrer un peu dans les faits utiles.
Dans le New Jersey, il vous faudra produire les 6-points ID (voir plus bas), une traduction certifiée de votre permis français (voir encore plus bas), et passer l'examen théorique (tout en bas, enfin presque). C'est tout. Autant dire, si vous avez bachoté à l'avance, c'est l'histoire d'une demi-journée, le plus long étant la queue pour l'inscription.
 
A NEW YORK, là ou on paie une taxe pour le droit d'y habiter (hahaha), il vous faudra EN PLUS passer l'épreuve pratique. Au milieu des taxis. Et attention, il faut apporter sa voiture (ce qui nous amène au grand...
Dilemme du permis New Yorkais
Pour (re)passer ton permis, il faut venir avec ta voiture, mais t'as pas de permis. Si tu te fais choper à conduire sans permis, il t'est interdit de (re)passer le permis pendant un an. En plus de te coûter quelques billets et de la cabane.)

Les 6-points ID

Ca c'est très facile: il faut fournir des documents officiels de manière à obtenir 6 points au total. Chaque document n'a pas la même valeur d'identification, et on arrive au tiercé gagnant:
  • Passeport + I-94 (qui est FORCEMENT dans votre passeport), pouf 4 points.
  • Social Security Card (l'originale, PAS une copie), pouf 1 point.
  • Relevé bancaire, pouf 1 point.
Et voilà. Cherchez pas, c'est le plus simple et le moins à même de vous attirer les mauvaises grâces d'un employé MVC mal luné.

La traduction du permis français

Il est apparemment fini, le temps où on pouvait payer une misère de $20 pour aller cogner à la porte d'un vague avocat aux abois, qui vous accueillait en se grattant les pendantes au travers de son caleçon mouillé de la sueur du mois d'août caniculaire (histoire vraie)
 
Maintenant il faut aller chercher des traducteurs listés par la MVC - qui vous délestent souvent de $70, comprenez c'est la crise - sous peine de se voir refuser le précieux sésame.
Alors vous me direz, quels sont les traducteurs reconnus par la NJ MVC? Et bien la liste est par là!

Le passage du permis

Bachotez, bachotez, bachotez. Un peu, hein. On est pas des bêtes.
Si vous voulez vous péter les yeux, utilisez la version en ligne. Sinon le manual peut s'acheter au centre MVC le plus proche.
 
Enfin, sachez que les conditions de l'examen théorique sont plus que relax:
50 questions, 40 bonnes réponses requises, et - non officiel bien sûr - a priori une dizaine de questions "joker".
Je m'explique: vous n'avez pas un pool de 50 questions mais plutot 60, et vous pouvez "passer une question pour y revenir plus tard", sauf qu'elle ne revient pas, et qu'à la place de la-question-à-la-con-sur-les-taux-d-alcoolémie-chez-les-mineurs, vous aurez peut-être une question type "Un monsieur traverse devant moi alors que le feu est vert, dois-je m'arrêter?"
 
Ah et aussi: vous pouvez demander à passer l'examen en français. Et comme ils sont pas très fortiches en traduction, les questions sont plus simples. Hop!
Et ça vous évitera le casse-tête de "Meeeeerrrdde ce mot j'ai toujours un doute, ça veut dire ça ou ça?" ou bien evidemment suivant le sens correct, la réponse ne sera pas la même (re-histoire vraie).

What about New York State?

Ben à part que l'examen pratique est requis, nous n'avons évidemment pas d'experience du permis à New York. Ainsi donc, vos comm' (encore Skyblog!) seront les bienvenus, qu'ils soient purement divertissants, purement instructifs, ou préférablement les deux. Nous n'hésiterons pas à enrichir ce billet d'informations complémentaires, en n'oubliant pas de remercier les gens parce qu'encore une fois, on est pas des bêtes.

Le numéro de sécurité sociale (SSN)

publié le 27 nov. 2011 à 16:52 par A L   [ mis à jour : 23 janv. 2012 à 06:24 ]

 
Il n'a rien à voir avec la notion française de sécurité sociale, en fait c'est même plutôt l'inverse du point de vue pécuniaire: si la sécurité sociale française vous file des sous, le numéro de sécurité sociale américain permet au gouvernement de vous en prendre (et de vous en rendre aussi, ce qui sera l'objet d'un autre article très réjouissant).
 
Obtenir sa Social Security Card et donc son SSN (pour Social Security Number, souvent appelé "your Social" par les différents interlocuteurs téléphoniques du Midwest qui ne conçoivent pas que le monde entier ne sache pas spontanément ce que c'est "your Social") est l'une des premières démarches administratives à effectuer lorsque vous arrivez aux Etats-Unis pour y vivre.

Quelques liens utiles

Les documents nécessaires pour ne pas se prendre une veste à la Social Security Administration

Si vous êtes titulaire principal d'un visa H, E ou L (pas conjoint)
Ça, en général c'est facile.
  • Formulaire I-94: celui-là vous allez le connaître très vite, c'est le petit papier blanc rempli à la douane par un gentil douanier, il est agrafé juste à côté de votre visa.
  • Votre passeport évidemment, puisqu'il contient le I-94. Mais si je ne le dis pas on va me dire que je fais mal mon article.
  • Pour être sûr, emportez aussi l'original de votre I-797 (votre autorisation de travail) parce que même s'il n'est pas listé sur le site de la SSA, il semble que quelques fonctionnaires retors aient pris l'habitude de le demander.
Si vous êtes titulaire secondaire d'un visa H, E ou L (conjoint ou enfant par exemple)
Ça, niveau galère c'est déjà plus variable. Notre expérience à nous:
  • Formulaire I-94
  • Passeport
  • Et n'oubliez pas de venir accompagné(e) du titulaire principal du visa, lui-même porteur des documents mentionnés ci-dessus.
Nous allons donc essayer de regrouper des témoignages pour affiner cette information.

Les trucs à faire/à ne pas faire

Do's
  • Se lever aux aurores pour être au bureau de la Social Security Administration et éviter la queue.
  • Prendre avec soi un stylo et une pochette rigide pour remplir le formulaire dans la file et éviter de se faire gratter 10 places.
Don'ts
  • Perdre sa carte de sécurité sociale. Elle est indispensable pour d'autres papiers comme le permis de conduire.
  • Trop bien ranger sa carte de sécurité sociale, même après en avoir mémorisé le numéro.
  • Considérer qu'il est possible de négocier avec les employés de la SSA.
  • Se dire que la petite rature sur le formulaire, là, n'est pas grave.

Le Credit Score

publié le 27 nov. 2011 à 14:42 par A L   [ mis à jour : 23 janv. 2012 à 21:35 ]

 
 
Quand vous vous installez aux Etats-Unis, il vous faut en général moins de 48h avant d'être confronté à l'un des concepts suivants: le Credit History, ou le Credit Score.
Souvent le principe général est connu, mais ce sont ses implications qui le sont moins, ou du moins l'étendue de celles-ci.

Le Credit Score et le Credit History

Théorème du Credit Score
Plus tu empruntes et tu rembourses, plus tu peux emprunter.
Alors qu'en France on juge votre capacité de remboursement sur vos revenus, aux Etats-Unis on la juge sur votre histoire.
Ainsi, si vous avez un emprunt immobilier, automobile, ou que vous utilisez une carte de crédit, et que vous remboursez ceux-ci comme il faut, votre historique va montrer que vous êtes un bon payeur, et que vous accorder un crédit est une opération peu risquée.
 
Si vous connaissez le principe des agences de notation Moddy's, S&P et compagnie, ben c'est un peu pareil pour les particuliers: trois agences (Experian, TransUnion et Equifax) "surveillent" votre status auprès des banques, des organismes de crédit, des fournisseurs de service publique (notamment électricité/gaz) et calculent un score en fonction de ces informations.
L'échelle FICO, la plus utilisée, s'étale de 300 à 850.
Attention: Connaître son score gratuitement est quasi impossible, et la plupart des organismes qui proposent de vous donner votre score sont de véritables scams qui tenteront de vous pomper quelques dollars tous les mois si vous n'y prenez pas garde. 
 
Un abus de langage pousse à utiliser indifféremment les termes "Credit History" et "Credit Score" du fait de la correlation entre les deux. J'userai abondamment de cet abus par flemme de chercher quel terme est le plus approprié pour chaque phrase, de toutes façons ça revient au même.
 
Le probleme auquel tout nouvel expatrié est confronté, c'est l'absence de Credit Score: Si pour la plupart des citoyens américains il commence à se construire dès l'adolescence, pour l'expatrié il est vierge alors même qu'il n'a plus papa-maman pour prêter des sous!
 
Entre autres inconvenients de l'absence de Credit Score, notons:
  • Les cartes de crédit qui vous seront accessibles auront des plafonds ridicules (notre premier plafond: $250. Par mois.)
  • Ouvrir une ligne de téléphone portable non pré-payée vous en coûtera en général $500 de dépôt de garantie récupérable après un an, qu'il faudra réclamer à votre fournisseur qui d'après de multiples expériences est assez prompt à oublier qu'il le détient
  • Ouvrir un compte "utility" (électricité/gaz) vous en coûtera un dépôt de garantie similaire ($520 précisément pour PSE&G à Jersey City, donnée de 2008)
  • Obtenir un prêt bancaire sera quasiment impossible, même pour quelques milliers de dollars et si vous obtenez un prêt, le taux pratique sera inversement proportionnel à votre score
  • Acheter une voiture à crédit sera soit impossible, soit soumis à des taux dignes de la mafia (21% proposé lors de la recherche de notre voiture d'occasion...)
  • Certains bailleurs refuseront de louer à une personne sans Credit History
  • Si vous comptez devenir résident permanent et éventuellement changer d'employeur, sachez qu'un mauvais Credit Score peut vous fermer des portes professionnelles.
Vous l'aurez remarqué: ne pas avoir de Credit History rend assez difficile l'accès... à ce qui vous permet de construire votre Credit History (à savoir, des crédits). D'où:
Corollaire du Credit Score
Plus ton score est faible, plus les moyens de le faire monter sont limites.

Pré-requis pour se constituer un Credit History

  • Avoir un numéro de sécurite sociale (SSN) qui comme son nom qui n'a rien a voir avec son homonyme francais ne l'indique pas, ne concerne en rien la couverture sociale mais est simplement votre numéro fiscal.
  • Avoir un ou plusieurs encours de crédits (cartes, prêts, abonnement à certains services).

Comment faire monter son Credit Score?

Je ne crois pas avoir jamais rencontré qui que ce soit qui, sans Credit History, ait échappé au dépôt de garantie des lignes téléphoniques ou du gaz/électricité.
Bonne nouvelle cependant: vos paiements de facture auxdits fournisseurs sont rapportés aux bureaux de crédit et comptabilisés pour le calcul de votre score.
 
Règle de base: Utiliser une carte de crédit.
Même si son plafond est faible, il faut l'utiliser. Et tant pis si on vous explique lors de vos achats que le plafond est atteint: vous pouvez compléter avec une autre carte (débit par exemple). Notez que vous pouvez obtenir une carte de crédit "sécurisée" par un montant déposé sur un compte bloqué. En gros vous donnez $1000 de dépôt à votre banque, et elle vous donne une carte de crédit avec un plafond de $1000. En cas de défaut de paiement le compte bloqué est débité et votre carte voit son plafond réduit, voire elle est annulée.
Axiome de la Carte Inutile
Les opérations réalisée avec la carte de débit fournie par votre banque ne sont pas comptabilisées pour la constitution de votre Credit History. Elle doit donc être réservée aux retraits de cash (à ne SURTOUT pas faire avec une carte de crédit) et aux paiements dans des magasins qui n'acceptent pas votre(vos) carte(s) de crédit.
Le prêt automobile
Si vous arrivez à obtenir un prêt automobile auprès d'un concessionnaire (leasing) pour un taux non rédhibitoire, sachez que c'est un des moyens les plus efficaces pour faire monter votre score.
 
Le cas American Express
Obtenir une carte non plafonnée American Express aux US sans Credit History est a priori difficile. En fait je n'ai pas connaissance de quelqu'un qui ait pu le faire. En revanche, il existe une méthode simple: avoir un compte American Express en France avant de venir aux US.
Ainsi même avec une Amex de base, vous pourrez transférer votre compte Amex France vers Amex US et ainsi bénéficier d'une carte non plafonnée. Le bonus pour les clients Amex de longue date: après quelques mois de patience, votre historique de client Amex France est intégré au calcul de votre Credit Score US. Si vous étiez bon payeur et que vous aviez une Amex depuis longtemps, ceci peut se révéler particulièrement efficace.
 
La multiplication des cartes de crédit
Un autre facteur est assez important dans l'entretien de son Credit Score: avoir une "ligne de crédit" (total des crédits disponibles) relativement élevée, mais pas trop. Ceci veut dire qu'il ne faut pas avoir peur d'avoir plusieurs cartes de crédit. En plus du fait de la possibilité de payer "en plusieurs cartes" vos achats, ceci peut devenir une méthode pour accélérer la constitution d'un (bon) historique.
Les discussions et témoignages ici et là semblent pointer vers $30,000 comme étant un optimum de lignes de crédit ouvertes pour maximiser l'augmentation du Credit Score. Mais attention, ceci requiert une gestion attentive pour éviter un oubli de paiement qui ruinerait vos efforts. Information à prendre de toutes facons avec des pincettes, mais commentaires et experiences personnelles sont les bienvenues pour valider/infirmer cette information.

Comment faire baisser son Credit Score?

Qui voudrait faire ça? Ceci dit, savoir comment se planter peut permettre d'éviter de se planter.
 
C'est simple: si vous ne payez pas vos factures, votre score va en souffrir.
Egalement, une ligne de crédit trop élevée peut devenir dommageable: vous représentez alors un risque de défaut si vous vous mettez a consommer tout votre crédit disponible.
 
 
 

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