9 juin 2013: Do you Bokashi?

publié le 9 juin 2013 à 20:28 par K A   [ mis à jour : 31 juil. 2013 à 19:45 ]
Mais qu'est-ce qu'elle est encore allée nous dégotter? Elle pouvait pas rester à planter des carottes bio dans son jardin?

Non. Déjà, parce que je ne plante rien par respect pour les plantes (si vous demandez à Doud', c'est Bartok qui a boulotté ses pousses de carottes). Ensuite, parce qu'à la racine de la plantation, au sens propre comme au sens figuré, se trouve le bokashi. ZE truc underground du moment, en provenance direct de la West Coast, et expérimenté sur la East Coast à Brooklyn, East Village (Manhattan) et JERSEY CITY, yeaaaaaaah! (qu'est-ce qu'on n'utiliserait pas comme hameçon pour rendre le thème de l'environnement intéressant)

Vous l'avez compris, je vais vous saouler avec mon bokashi aujourd'hui, parce qu'en vrai c'est un truc de MALADE.

Et comme pas mal de trucs de MALADE, en fait c'est tout con. Le bokashi est "un engrais organique obtenu par la fermentation de matière organique. Il possède une grande quantité d'éléments nutritifs et aide à rendre à la terre certaines de ses propriétés qui s'épuisent avec le temps. (...) Il peut remplacer les mélanges de terre et engrais disponibles dans le commerce." (source: bokashi.fr)


Alors, est-ce que c'est le bon vieux compost de nos grands-pères, qui consistait à mettre tous les déchets de cuisine (légumes, fruits, etc.) dans une poubelle spéciale, qu'on allait ensuite vider sur un tas au fond du jardin?
Non, car le bokashi s'obtient par fermentation (dans un seau hermétique), et conserve toutes ses propriétés nutritives, ce qui n'est pas le cas avec le compost de Bon-Papa (en plein air).

Mais ce qui, à mon sens, rend le bokashi révolutionnaire, c'est qu'il est accessible à tous, même aux citadins qui n'ont pas de quoi faire un tas de déchets au fond d'un hypothétique jardin:
- il suffit d'avoir un seau se fermant hermétiquement, et du son de bokashi (davantage à ce sujet plus bas).
- à chaque fois que vous avez des déchets de cuisine (et là TOUT y passe: pelures de fruits, de légumes, viande, os, croûtes de fromage, huiles/graisses de cuisson, restes de sauces dans les assiettes... tout ce qui est organique -- et même le sopalin!), versez tout dans le seau, saupoudrez de son de bokashi, et refermez bien le couvercle. Le son de bokashi contient les microorganismes qui vont se régaler avec les déchets.
Allez, faites pas les chochottes, c'est pas pire que de donner des paillettes à manger à un poisson rouge.
Et il est vivant, votre bokashi, lui aussi!

- recommencez à chaque fois que vous avez des déchets organiques.
- quand le seau est plein, mettez le de côté et laissez-le fermé pendant 2 semaines, le temps que le contenu fermente (il est bon d'avoir un deuxième seau pour continuer à recueillir les déchets quotidiens pendant ce temps).
- Une fois les deux semaines écoulées, vous pouvez ensuite aller mélanger le bokashi à la terre de votre jardin/vos plates-bandes, à raison d'1 ou 2 kg par m2 de terre. ATTENTION il faut ensuite attendre 3 ou 4 semaines avant de planter, car le mélange est acide: il tue très bien les mauvaises herbes et les insectes nuisibles, mais il a besoin de temps pour s'adapter et fertiliser son nouveau milieu. 

Avantages:
- c'est TRES facile
- ça réduit le nombre de poubelles à descendre/sortir!
- ça peut être fait à petite échelle (dans une cuisine d'appartement)
- ça ne SENT PAS -- tout au pire, une odeur de bière. Si ça sent mauvais, c'est que que c'est en train de rater et qu'il faut rééquilibrer: ajouter du son de bokashi, un peu de sucre (pour multiplier les bactéries), et laisser le seau fermé au moins 2 ou 3 jours.
- le produit fini est excellent pour fertiliser les sols durablement
- c'est une solution durable pour une bonne partie des déchets domestiques, et pour l'environnement!

Inconvénients:
- il faut faire attention à bien avoir du son de bokashi sous la main. On peut le fabriquer à partir de son, mélasse et "microorganismes efficaces" ("EM", inventés au Japon au début des années 90), mais ce dernier produit est difficile à trouver, et il y a aussi un temps de séchage à prendre en compte pour fabriquer ce son de bokashi.
- il faut avoir une solution pour écouler votre seau fermenté: votre jardin? Les jardins du quartier? Le jardin du village? Ici, la mini communauté de Jersey City s'est associée avec un jardin public: chacun y apporte son seau fermenté (après les 2 semaines de "repos") et repart avec un seau vide.


On en reparlera dans quelques semaines... 

Alors? Do you bokashi?
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